Le saviez-vous ?

 LE LION (PANTHERA LEO).

 

 ORDRE : Carnivores ; FAMILLE : Félidés

SIMBA (en Swahili)

Ces gros chats roux, errant en bandes, sont plus connus que leurs cousins solitaires et discrets, les léopards, les jaguars et les tigres. Le mâle atteint 2,70 m de long (parfois 3 m), dont 90 cm de queue. Il mesure 1 m au garrot et pèse jusqu’à 250 kg. La lionne est plus petite, longiligne, mais peut quant même peser 150 kg ! Le mâle se distingue par une crinière noire ou fauve lui couvrant la tête, le cou et les épaules.

Autrefois, les lions étaient répandus de l’Europe méridionale à l’Inde centrale et du Nord et sur tout le continent africain. Le dernier lion européen a disparu vers la fin du premier siècle de notre ère. En Asie, ils ne fréquentent plus guère que la forêt indienne du Gir et ils ont été éliminés en Afrique du Nord. On les retrouve actuellement essentiellement en Afrique de
l’Est (dont le Kenya dans de nombreux endroits) et en Afrique du Sud (l’endroit le plus connu étant le Kruger Park).

Les lions peuvent avoir un habitat très variable : les zones de végétation clairsemée, les régions de brousse, d’arbres épars ou même parfois la forêt. Leur robe fauve constitue un excellent camouflage dans les hautes herbes des savanes.

Seul membre sociable de la famille féline, il vit en bandes qui comptent généralement une vingtaine d’individus, parfois près d’une trentaine. Chacun de ces groupes comprend un ou plusieurs lions mâles adultes et quelques lionnes accompagnées de leurs petits. Une hiérarchie très claire est établie entre les femelles d’un même groupe, la femelle dominante étant saillie la première. En revanche, toutes les femelles participeront à l’alimentation des petits et à leur éducation. Le mâle erre seul en périphérie de son clan, dormant 18 heures par jour, mais il est également prêt à bondir pour défendre son territoire ou pour lutter contre un éventuel rival. En cas de danger, les membres d’une même bande collaborent tous à la défense du clan, mais ce sont exclusivement les lionnes qui se chargent de la chasse.

Les lionnes en battue rugissent parfois pour communiquer les unes avec les autres, mais au moment de la chasse proprement dite elles redeviennent silencieuses. Lorsqu’elle fond sur sa victime, la lionne peut atteindre une vitesse de 64 km/h, mais seulement sur une courte distance. Après avoir plaqué sa proie au sol, la lionne va lui briser la nuque d’un coup de mâchoire ou à l’aide de ses pattes antérieures quand elle attaque les plus grosses gazelles ou les gnous. Les mâles se nourrissent les premiers, suivis par les femelles et enfin les petits. Les reliefs seront  laissés aux charognards : hyènes, chacals, vautours… Les principales victimes des lions sont de jeunes animaux, des animaux blessés ou malades. Ce seront surtout des antilopes, des zèbres, des gnous, mais n’importe quel animal peut convenir en période de famine : du mulot au jeune éléphant ! Si un lion est blessé ou trop âgé et n’a plus la force de s’attaquer à des proies robustes, il s’en prendra aux porcs-épics, aux petits rongeurs, aux chèvres, aux agneaux ou exceptionnellement à l’homme. Après un copieux repas, le clan pourra se reposer plusieurs jours.

Les lions sont en pleine force de l’âge à 5 ans. Les mâles se battent pour écarter les rivaux et s’accoupler chacun avec plusieurs femelles. Ces cérémonies s’accompagnent de nombreux rugissements pouvant s’entendre jusqu’à 8 km dans la savane ! La gestation dure de 105 à 112 jours (contre +/- 60 jours pour leurs lointains cousins les chats). La lionne met bas de 2 à 5 petits qui naissent aveugles, donc totalement dépendants de leur mère. Ils sont sevrés du lait maternel vers 3 mois. Ils observeront les techniques de chasse de leur mère les premiers mois et seront capables de chasser vers l’âge d’un an.

Parce que les petits sont les derniers à prendre leur repas, beaucoup meurent par manque de nourriture (carence en acides aminés essentiels ou en vitamines). Ainsi s’effectue une sélection naturelle.

En dehors de l’homme, le lion n’a pas d’ennemi naturel. Il arrive qu’il soit tué sous les coups de cornes ou les sabots de la proie qu’il chassait. Il n’attaque que rarement le buffle, herbivore surpuissant (une tonne chez les grands mâles), vivant en troupeau de plusieurs dizaines d’individus.

Les lions se retrouvent encore de façon abondante au Kenya où ils vivent dans des biotopes très divers tels que la savane arborée, en périphérie de la capitale, dans le parc national de Nairobi ; la savane désertique ou flamboyante du parc national de Massaï-Mara ; au milieu des arbres bordant les eaux turquoises du lac du parc national de Nakuru peuplé de milliers de flamants roses  ou entre les palmiers doums et les baobabs du parc national de Meru. La liste n’est pas exhaustive et de nombreux autres parcs, réserves ou ranchs privés kenyans ont la chance d’être habités par ces magnifiques félins.

Enfin, comment ne pas frissonner lorsque les anciens vous raconteront la légende des lions mangeurs d’hommes de Tsavo ? Comment ne pas être ému par Elsa la lionne qui adopta un bébé antilope et surtout comment ne pas être émerveillé à jamais lorsqu’à l’occasion d’une veillée au coin du feu une troupe de lionnes et leurs petits traverse votre campement avant de disparaître dans la nuit ?

 

Dr. Vétérinaire David Brasseur.

 

 

 

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